Eglise Saint-Nicolas (disparue)

Fontenay-le-Comte

XVème siècle - disparue au XIXème siècle

L'église Saint-Nicolas n'existe plus, que dans les mémoires. Elle y est, pourtant, bien présente, ne serait-ce que par le nom de la rue qui porte son nom, sur la rive gauche de la Vendée, et où se trouve précisément le siège social de notre association.

L'évocation de l'église Saint-Nicolas dans les pages d'un site comme celui-ci nous paraît indispensable, car elle nous permet de mieux comprendre ce qu'était l'organisation religieuse en paroisses de la ville de Fontenay-le-Comte au Moyen-âge.

Dans la mesure où cette église s'est effondrée sous les coups d'un "ouragan" de l'hiver 1805, faute d'entretien (alors que, paradoxalement elle était celle des trois églises de la Ville à avoir le moins souffert des Guerres de Religion), son évocation nous prouve en outre, et si besoin était, la grande fragilité de notre patrimoine religieux.

La cloche Saint-Nicolas (classée Monument Historique en 1965) demeure le témoin émouvant de l'existence passée de ce "troisième édifice religieux", aujourd'hui disparu. Elle mérite grandement d'être exposée au Grand Public: notre association travaille activement à ce projet, en soutien de la Ville de Fontenay-le-Comte qui en conserve la propriété, et en étroit partenariat avec elle (on trouvera au bas de cette page, un lien permettant la consultation et le téléchargement de la fiche historique de cette cloche).

« L'église Saint-Nicolas était le sanctuaire de la troisième paroisse de Fontenay, définitivement supprimée à la Révolution et réunie à celle de Saint-Jean-Baptiste.

Le cimetière était en face, de l'autre côté de la rue.

A l'origine, il s'agissait d'un prieuré dépendant de l'abbaye Saint-Pierre de Maillezais (elle-même dépendance de l'abbaye de Cluny depuis 1060); le premier prieur connu, Umbert, est cité en 1216.

L'église médiévale semble avoir été entièrement reconstruite au XVème siècle.

Elle est fortement endommagée par les Protestants en 1568.

Après avoir été remise en état, elle sert de lieu de culte à la paroisse Notre-Dame jusqu'en 1602 (l'église de cette dernière étant affectée au culte protestant) et à celle de Saint-Jean jusqu'en 1604 (son église étant très endommagée).

En mai 1590, y eurent lieu les obsèques du cardinal de Bourbon, roi de la Ligue sous le nom de Charles X, dont l'urne contenant les viscères fut scellée dans un pilier du chœur.

A partir du milieu du XVIIème siècle, des travaux de réfection sont exécutés. D'après des textes cités par l'abbé AILLERY, la fabrique souhaite notamment couvrir l'église, en partie de lambris, en partie de voûtes ; l'évêque de la Rochelle donne son autorisation en 1652. En 1653, est passé le marché des murs de la nef.

Enfin, en 1774 est passé un marché concernant le mobilier et le décor du chœur ; le texte dépeint un intérieur raffiné.

A la Révolution, la paroisse est supprimée. L'église est utilisée par le Génie militaire comme magasin à fourrages de 1793 à 1805, date à laquelle, en février, le clocher s'effondre lors d'un ouragan.

En 1809, suite à une enquête préfectorale, la Ville déclare ne pas avoir besoin d'un troisième lieu de culte paroissial et envisage la vente des ruines.

Quant aux divers projets de rétablissement du magasin à fourrages par le Génie militaire, en particulier le projet de 1825, ils resteront tous sans suite.

Finalement, en 1836, la fabrique vend les ruines à un entrepreneur qui édifie deux maisons à leur emplacement, les actuels 30 et 32 rue Saint-Nicolas. La silhouette de l'église est connue par le dessin de CLEMENCEAU de la SERRIE en 1798, où l'on voit le clocher, comparable à ceux de Notre-Dame de l'Assomption et de Saint-Jean-Baptiste, et par la gravure d'Octave de ROCHEBRUNE en 1861, d'après MONBAIL, où l'on voit l'édifice après le sinistre de 1805. »




Source: : www.Actuacity.com - Annuaire des villes, communes et villages de France
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Base MERIMEE - Ministère de la Culture - Batiments classés Monuments Historiques

Louis CAZAUBON, Fiche historique, 15 Janvier 2018.